Et voilà. Ca recommence. C'est pas possible. Le Monde à l'envers. Je crois que je préfèrerais encore être sourde si c'est pour entendre des absurdités pareilles. Toujours le même problème. La gentille fille n'est pas assez bien. Il faudrait qu'elle en fasse toujours plus. Il faudrait qu'elle passe sa journée à attendre les ordres qu'il a décidé de lui donner, qu'elle les exécute et qu'elle attende les bras croisés le nouvel ordre. Il faudrait qu'elle ne parle pas et qu'elle le remercie de lui donner des ordres. Il ne faudrait surtout pas qu'elle voie la lumière du jour. Enfin, sauf si c'est pour exécuter un ordre. Pourquoi avoir une vie? Aucun intérêt, c'est tellement plus marrant de la passer à exécuter des ordres irrationnels. Pourquoi voudrait-elle sortir, rire, grandir, vivre? Elle n'a pas raison de le vouloir. Les enfants ce n'est pas fait pour ça. C'est fait pour se taire, ne jamais grandir, exécuter encore et encore les ordres et ils devraient être bien contents parce qu'il y a des gens qui ne les traiteraient pas aussi bien. (Ah bon? C'est possible?) Ne pas penser à soi, recevoir des critiques injustes et innappropriés. Travailler, non pas pour être heureux, mais pour ne pas leur faire honte. Parce qu'en fait, on leur appartient. Ils nous ont fait, donc on est leur objet. On vit pour eux. Il est très mal vu de vivre sa vie. Il faut vivre leur vie. Etre conforme au moule qu'ils ont créé. Ne jamais revendiquer ses droits légitimes... Subir les caprices d'un adulte qui se prend pour le roi. Des caprices d'enfant... Recevoir des critiques, le laisser dire des absurdités et tendre la joue pour recevoir une claque. Accepter de toujours avoir tort même si on a raison. Etre le mélange entre un esclave et un animal. Ne pas dénoncer les injustices. Ne penser qu'à eux, parce que si on commence à penser à soi, on devient quelqu'un d'égoïste. N'avoir aucune liberté, aucune vie privée, aucune vie sociale. Est-ce Cendrillon l'enfant idéal dont rêvent tous les parents? Est-ce que l'enfant idéal est obligatoirement malheureux? Est-ce à ça que tu veux me faire ressembler? Bref, a-t-on vraiment le choix? Nous sommes alors forcés de subir, subir et subir.
Ou partir.
Quand les efforts vont dans le vent, qu'on ne les remarque pas. Quand ils ne voient pas les autres vies de famille. Alors ça ne sert à rien. Il ne reste plus qu'à partir. Accepter le fait d'être un "mauvais enfant", de faire honte à sa famille. De les "décevoir". Accepter de vivre sa vie. Faire le choix d'être heureux. Penser à soi une fois dans sa vie. Découvrir la vie. La dure vie, mais la vraie vie et notre propre vie.
J'ai essayé d'être ce à quoi vous vouliez que je ressemble. Ca n'était pas assez. Je ne peux pas faire plus. Alors acceptez-moi comme je suis, ou laissez-moi m'en aller. Si seule la perfection vous convient, alors je baisse les armes, quitte le combat, et abandonne. Ce que signifie gagner dans vos yeux veut dire perdre pour moi. Je ne m'aimerai jamais si je ressemble à ton idée de la réussite. Je ne me le pardonnerai pas.
Je suis moi, acceptez-le ou pas. Je ne changerai pas.
Pix: By Simon